VAMPIRI - SECTES

Le combat d'une mère

pour sauver sa fille prisonnière d'une secte

 

 

PIECES A CONVICTION : DANGEROSITE DES SECTES.

Scientologie: religion, ou services secrets?
Par JONATHAN CAVEN-ATACK
(c) 1995
Trad: roger gonnet (c)1998

Ce document, en raison de possibles retombées légales, ne doit pas être publié en Angleterre.
Copies autorisées pour les activités non lucratives
 

Ce document a été donné en Octobre 1995 au Dialog Centre International de conférence à Berlin
 

Je fus membre de la secte scientologie durant 9 ans. J'y ai entrepris nombre de cours et j'ai quitté après avoir atteint le 24e des 27 "grades" de l'époque, c'est à dire la section 5 du "cours pour Thétans Opérants ou OT 5".[dans le jargon, thétan est mis pour individu au sens spirituel; le niveau OT5 étant à deux doigts de la fin actuelle du 'pont' scientologique.]  Je suis parti après avoir découvert  les buts secrets qu'on lira dans le présent document. Comme la plupart des scientologues, je n'avais pas idée de ces activités immorales, odieuses et criminelles. Je croyais encore  faire partie d'un groupe d'importance vitale qui allait 'sauver le monde' et faire de cette planète un 'monde sans démence, sans criminels et sans guerres, ainsi que le prédisait le fondateur L.Ron Hubbard. J'ai quitté la scientologie en 1983 et commencé à interviewer d'anciens membres et à recueillir des documents de justice et témoignages sur la scientologie. Sept ans après, mon livre "A piece of Blue Sky" paraissait après une bagarre juridique à New York. Un ancien assistant d'Hubbard, Robert Vaughn Young, qualifia mon livre "d'ouvrage définitif sur la scientologie". J'ai vraiment discuté avec des centaines d'anciens membres et lu des dizaines de milliers de pages de données et de documents officiels allant des dossiers d'Hubbard en faculté aux dossiers de sa période à l'US Navy ou aux révélations d'anciens défecteurs de haut rang ayant témoigné sous serment. J'ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour que l'affaire fasse l'objet d'un débat public immédiat.

Mes recherches effectuées pour comprendre et aider le grand nombre de personnes ayant eu à souffrir de la scientologie m'ont mené à la faillite personnelle et a l'humiliation. J'ai dû endurer une campagne de harassement et de vilification gigantesque. Comme je me refusais à me défaire de mes droits à la liberté de parole, les scientologues ont préparé ma destruction. Je fus le minuscule David en face de l'énorme Goliath : la scientologie dispose de dizaines de milliers d'adeptes et de milliards de francs. Il me reste le désir de la vérité et ma foi en l'humanité.

En Angleterre, la scientologie s'est cyniquement servi des services officiels, les transformant sans qu'ils s'en rendent compte en collaborateurs pour m'avoir. Je n'exagère pas en affirmant que c'est la liberté qu'on joue ici. En Grande-Bretagne, les journaux craignent de dévoiler mon histoire. Dieu merci, l'Allemagne a appris le danger formidable du totalitarisme et c'est elle qui mène actuellement la danse mondiale pour exposer les méfaits de la secte. Les tribunaux allemands viennent de retirer le statut non lucratif utilisé par la secte; ils lui ont ordonné de se déclarer an affaire commerciale et de payer normalement leur personnel. Les politiciens tout comme les médias parlent de leurs critiques envers cette secte maléfique.

Les français ont également retiré l'exemption [il serait plus exact de dire qu'ils ne l'ont jamais accordée, car la secte avait réussi à éviter, en France, de payer des impôts en se déclarant association loi de 1901, ndt]. Les danois ont retiré le statut "missionnaire". Un important procès est sur le point de commencer en Espagne. Au Canada, la secte a récemment été condamnée à 3 millions de dollars de dommages, la plus forte somme jamais attribuée là-bas lors d'un procès en diffamation.  Passons à quelques expériences que j'ai subies, avant d'aborder les règlements secrets servant de base aux attaques hystériques de la scientologie contre la démocratie.

Fin 1992, des scientologues ont commencé à venir à ma porte sans y être invités. Ils venaient toujours à deux, jamais les mêmes. Cela se produisait une fois la semaine, mais pas les mêmes jours; les visites étaient programmées le soir, parfois après 23 heures. Les premiers arrivés m'accusèrent de "persécuter" leur religion. Quand je leur ai demandé de me préciser les choses, l'un d'eux prétendit que j'avais dit à un journal que la scientologie pratiquait le lavage de cerveau de ses membres. J'ai expliqué que le journaliste donnait son opinion, car j'évite de parler de "lavage de cerveau", utilisant plutôt le terme "psychologie coercitive". N'ayant pas réussi sur ce sujet, ils passèrent au général: on m'accusa d'être un  menteur. Comme ils furent incapables de donner le moindre exemple de mensonge de ma part, l'un d'eux commença à hurler hystériquement que "je disais des mensonges".

En scientologie, cette phrase serait qualifiée de "bouton". Après analyse détaillée, les membres du Bureau des Investigations qui avaient exercé mes visiteurs scientologues avaient décidé que je serais particulièrement sensible à ce type de "bouton". Les suivants m'accusèrent d'être un "raté", et d'être un "déprogrammer" [personne gagnant sa vie en faisant revenir les adeptes à une vie normale]. Toutes ces visites impromptues commençaient par un semblant de dialogue pour s'achever par des hurlements des scientologues me répétant leurs phrases robotisées.

Ce comportement est toujours très perturbant. Bien que ces "boutons" puissent ne pas aboutir à l'effondrement recherché, l'intolérance fanatisée et l'incapacité à créer un dialogue lors de ces rencontres est exaspérante. Le créateur de la scientologie démontrait ici un aspect des "écrits sacrés" : "Ne vous défendez jamais. Attaquez toujours."

Il importe de tout à fait bien saisir le fait que tous les mots prononcés ou écrits par Hubbard sont considérés comme non modifiables et sacrés. Il faut de plus les appliquer à la lettre, sans quoi on vous qualifie "d'écureuil". [terme péjoratif dans la secte, consistant à déformer Hubbard] Une des autres facettes des écrits sacrés d'Hubbard consiste à prétendre que tous les opposants à la scientologie sont des criminels ayant des crimes non découverts. Cela devrait surprendre plus d'un scientologue, compte tenu de ce prédicat, que j'aie réussi à passer ces douze années à critiquer la secte sans jamais être poursuivi pour un délit quel qu'il soit... Dans le même temps, la secte était attaquée en justice dans quantité de pays.

L'attitude phobique envers les critiques et le refus du dialoguer caractérisent les groupes totalitaires ou les sectes destructives. On enseigne aux scientologues que quiconque tenterait de les persuader de quitter la secte est "suppressif". Si le critique ne peut être réduit au silence, le scientologue doit cesser toute communication avec lui, c'est à dire "déconnecter». Toute critique envers la scientologie est supposée trouver ses racines dans des "péchés" non découverts, ou dans des transgressions morales. On demande au critique : "Quels crimes as-tu commis ?", ce qui pourrait bouleverser le parent naïf d'un critique attaqué par un scientologue enragé.

Si un scientologue entend une quelconque critique de la scientologie ou de son créateur, il la dénonce à la section "éthique" de la secte dans un "rapport de connaissance". On interdit par ailleurs toute discussion orale sur les techniques scientologues (discussions qualifiées de 'Tech verbale' (8)), la punition maximale encourue étant d'être alors "déclaré personne suppressive" et d'être ostracisé par les autres scientologues en raison du règlement de déconnection ci-dessus... On leur demande aussi de ne pas aborder leurs problèmes personnels excepté en séance avec leur "auditeur" scientologue. Il paient parfois plus de 6000 F de l'heure pour discuter de ces problèmes [et pas comme ils le voudraient, mais comme le fondateur l'a préétabli, ndt]. Tandis qu'Hubbard insiste sur le fait que la scientologie traite surtout de problèmes de communication, il consacre beaucoup d'énergie à restreindre cette communication.

La doctrine le plus attaquée de la scientologie est celle de la "Loi de Fair Game', qui se traduit aisément par "Loi du Gibier de Potence'. Hubbard était parfaitement conscient de la référence à la pratique médiévale consistant à étiqueter ainsi un individu qui devenait dès lors proie légitime, objet légitime de poursuite et d'attaques. (En anglais, Game signifie 'proie'). Hubbard utilisait cette expression dans le sens courant dès 1940 dans un de ses récits de science-fiction, bien avant ses incursions dans la psychothérapie et la religion.  La loi du Gibier de Potence démontre la contradiction essentielle présente au coeur même de la scientologie : le système est supposé améliorer l'aptitude des gens à communiquer et par conséquent à augmenter leur "affinité" envers les autres, les rendre plus amicaux. Dans la doctrine du Gibier de Potence, Hubbard dit qu'on peut "tricher envers, mentir à, et détruire les opposants". La première lettre de règlements introduisant cette loi du Fair Game indiquait que les individus considérés comme suppressifs pouvaient subir "assassinat, incendie criminel, désintégration de la personne ou de ses biens".

Bien que cette lettre de règlements ait été retirée de l'examen public dans les jours qui ont suivi sa publication, elle continue à être étudiée dans les cours d'entraînement aux services secrets, et en 1980, des officiels gouvernant la secte ont admis devant les tribunaux qu'elle n'avait jamais été abrogée . De plus, la lettre de règlements l'abrogeant a elle même été annulée en 1983 .Cette lettre originale continue donc à faire partie des "écritures sacrées" donnant le ton à la secte .

Hubbard envoya des lettres haineuses en se servant d'une liste de mailing volée à Purcell. La nature vindicative d'Hubbard avait trouvé des débouchés bien avant qu'il ne publiât la loi du Gibier de Potence. En 1952 par exemple, Don Purcell, qui l'avait sauvé de la faillite, fut accusé d'avoir encaissé 500000 dollars à l'association Médicale américaine, pour détruire la dianétique [prédécesseur de la scientologie].

Hubbard écrivit dans un étrange article daté de 1955, " la DEFENSE de n'importe quoi est une position INTENABLE. La seule manière de défendre quelque chose consiste à ATTAQUER". Cet article a aussi commandé aux organisations scientologues d'utiliser la loi pour "harasser".

En 59, il créait un système de services secrets pour surveiller aussi bien les ennemis que les amis, et instituait de nouvelles procédures pour harceler les opposants supposés. Cela se trouve dans un manuel à usage interne secret "Manuel de Justice de l'Office des Communications Hubbard" . C'était une première tentative de création d'un service de renseignements. (23). Le copyright du manuel étant dépassé depuis 1980, on peut désormais le citer et le réimprimer  librement.

Dans cet ouvrage, Hubbard écrivit: "Les gens attaquent la scientologie: je ne l'oublie jamais: je m'arrange pour rétablir le score." Il continue en décrivant les fonctions de son Office des Communications: "Le renseignement consiste surtout à recueillir des données... c'est surtout une affaire d'écoute et de notes; on le pratique en permanence et envers tout le monde et sur tous les sujets."

Le 10 juin 1960, Hubbard émettait un bulletin apparemment bénin expliquant qu'il n'était pas indispensable que tous les scientologues deviennent des auditeurs - des praticiens -: il encourageait ses adeptes à faire pénétrer la scientologie au sein de la société, sur leurs lieux de travail; il félicitait ceux dont l'influence était déjà visible: "Ces gens creusent leur place dans les sociétés et les affaires et  implantent ainsi la scientologie qui pourra prendre le contrôle de la zone.". Le 23 juin, il dessinait les contours de son "Plan Spécial pour la Zone": "Une nation ou un état fonctionne en raison des aptitudes de ses dirigeants, gouvernants et autres chefs. C'est facile d'obtenir des postes dans ces zones. Ne cherchez pas à vous faire élire."

"Trouvez donc un job de secrétariat ou de garde du corps; ne cherchez pas à obtenir la coopération des groupes; ne demandez pas d'autorisation ". Il continue en parlant d'un officier de police qui introduit tranquillement la scientologie dans son bureau. En 1970, un lieutenant de police de San Diego fut discipliné pour avoir utilisé les ordinateurs de la police pour aider la secte . En 1990, le président finlandais dû se séparer de son garde du corps scientologue.

Dès 1960, Hubbard procéda à la mise en place de Départements spéciaux dans toutes les organisations de scientologie afin de coordonner les efforts d'infiltration des scientologues dans la société.  Deux mois plus tard, ce département était incorporé au département des affaires de Gouvernement. Hubbard écrivait: "l'objet de ce département est d'amplifier l'impact de la scientologie sur les gouvernements et autres organisations... on ne s'intéressera pas à utiliser des tactiques défensives dans ce département... seules les attaques résolvent les menaces... si l'on est attaqué sur un point vulnérable par qui que ce soit, on cherche ou on fabrique suffisamment de menaces pour qu'il demande ensuite la paix." Hubbard répète ensuite une des doctrines centrales de ses "écrits religieux": "Ne vous défendez jamais; attaquez toujours".

Hubbard avait rallié ses adeptes à son but d'extension souterraine de l'influence. Ils étaient désormais dans une organisation dotée d'un programme dangereux. "Le but du Département consiste à amener le gouvernement et les philosophies hostiles ou sociétés hostiles à obéir totalement aux buts de la scientologie. Ceci s'obtient grâce à une forte aptitude à contrôler et, en son absence, à une aptitude de bas niveau à submerger. Introvertissez ces agences. Contrôlez ces agences."

Le département des affaires gouvernementales fut mis sous la coupe du Département des Affaires Officielles dès le 13 Mars 61. Les mémos relatant l'infiltration et le contrôle des gouvernements restaient en vigueur, et le sont toujours. Le nouveau département fut chargé de tenir des "dossiers liés à la scientologie, aux groupes, personnes et activités  anti-scientologie". Il continuait froidement en déclarant : "Nous avons en fait ici l'équivalent d'un Ministère de la Propagande et de la Sécurité". Ailleurs, Hubbard définissait candidement la propagande comme "le fait de faire passer des informations déformées". Ce ministère de la propagande et de la sécurité devait obtenir que les groupes hostiles "s'alignent en découvrant la vérité au sujet du leader de leur groupe".
Cette règle d'infiltration fut répétée: "L'action de créer des groupes pro scientologie consiste à se faire l'ami des personnages les plus hauts placés possibles au gouvernement, par exemple en  plaçant des scientologues dans leur environnement à quelque tâche domestique ou de bureau". Hubbard continuait ce thème lors du mémo de Juin 1960: "Intéressez des scientologues volontaires pour jouer ce jeu et pour aider." Comme le disait le professeur Roy Wallis dans son étude de la scientologie, les membres "deviennent des agents que la secte peut déployer".

En février 1966, Lord Balniel questionna le gouvernement de Sa Majesté au Parlement Britannique à propos de la scientologie. Hubbard en fût outragé. : "La nouvelle qu'un Lord pose des questions ici nous donne le programme que voici: Mettez un détective au travail sur le passé souterrain  de ce Lord; cherchez surtout les affaires de sexe et de sang, la psychiatrie, et montez une attaque dans les médias."

 

Quelques jours plus tard, Hubbard ajoutait: "Ne vous laissez jamais faire lors des enquêtes montées contre nous: rendez-leur le travail difficile, toujours très difficile. Enquêtons sur des critiques pour des 'Délits graves ou pire', en nous servant de nos propres professionnels, pas de ceux venant d'agences externes"; les scientologues "devraient commencer à trouver les horreurs, les preuves de crimes sexuels à donner à la Presse sur nos attaquants... "il ajoutait " Je parle de quinze ans d'expérience! nous n'avons jamais eu un attaquant n'ayant pas de crime à cacher qu'on ne puisse trouver. Il nous suffit de trouver ça, et le meurtre ressort.".

Hubbard fabriqua la section d'investigations publiques le 17 février 1966. Son but annoncé: "AIDER LRH - Hubbard - A ENQUETER SUR LES AFFAIRES PUBLIQUES PARAISSANT ENTRAVER LA LIBERTE HUMAINE AFIN QU'ON PUISSE EXPOSER CES AFFAIRES ET FOURNIR LES SERVICES D'enquête NECESSAIRES POUR FAIRE PROGRESSER LA SCIENTOLOGIE" (en capitales dans l'original). Le nouveau département doit être "intégralement composé d'enquêteurs professionnels". Hubbard affirmait que "la section avait toutes les fonctions d'une agence de services secrets et de propagande". Les cibles n'étaient pas difficiles à découvrir, car Hubbard expliquait : "Quel groupe ou agence attaquent la scientologie? Comme le scientologie s'occupe de liberté, ceux qui ne veulent pas la liberté l'attaquent. La Section enquête sur les membres individuels des groupes attaquants et s'arrange pour que les résultats d'enquêtes aient toute l'attention de la presse et de la justice". Il ajoutait encore, pompeusement: "Les procédures habituelles de services secrets seront utilisées."

Le premier détective privé qu'Hubbard tenta d'enrôler fut tellement horrifié par les intentions d'Hubbard qu'il passa immédiatement son histoire aux journaux (35). Si bien que quinze jours après son inauguration, la section d'investigations publiques fut transformée en l'infâme "Office du Gardien de l'Eglise de Scientologie". Sous la direction d'Hubbard, le GO (Initiales de cet Office du Gardien) devint l'organe de contrôle de toutes les activités légales, de relations publiques et de services secrets. Il contrôlait également toutes les finances, via un Gardien Assistant (AG) placé dans chaque organisation. C'est la femme d'Hubbard qui fut nommée Contrôleur à plein temps de l'Office du Gardien, position qu'elle occupa de 1966 à 1981, peu avant d'être envoyée en prison aux États-Unis

L'office du gardien hérita des dossiers de services secrets des prédécesseurs, ainsi que de plusieurs techniques d'Hubbard, incluant "l'investigation bruyante». Cette méthode de harcèlement se trouve dans le Manuel de Justice de 1959: "Quand il faut que nous hantions quelqu'un, nous enquêtons. Quand nous enquêtons, nous le faisons toujours bruyamment. En général, la simple investigation met fin aux ennuis, même lorsque nous ne découvrons pas de faits pertinents... les services secrets se font en silence, l'enquête dans le vacarme." Cette règle fut réitérée en Février lors "d'une action qui avait réussi à stopper une attaque". Plus tard, Hubbard approuvait un mémorandum expliquant "Comment faire une investigation bruyante" Après avoir choisi la cible du harcèlement, "vous trouvez où elle travaille, son médecin, dentiste, les amis, voisins, n'importe qui, vous leur téléphonez et dites 'j'enquête sur M. ou Mme xxxx en raison d'activité criminelles, il/elle essaie de réduire les libertés humaines et restreint ma liberté de religion... vous dites de temps en temps 'j'ai déjà quelques données salées...' - et vous utilisez une généralité".

Dans les semaines ayant suivi mon départ de la scientologie en 1983, deux amis m'ont rapporté des conversations au cours desquelles des scientologues avaient affirmé - sans la moindre base de réalité - que j'avais reçu des électrochocs.

Le GO fut beaucoup mieux organisé que le Ministère - antérieur - de la propagande et de la sécurité. Il marcha de 66 à 83 sous la direction d'Hubbard; lorsque l'actuel dictateur scientologue Miscavige en prit le contrôle, il prétendit qu'il contrôlait toutes les directions des églises de scientologie. Il comportait 1100 staffs à plein temps et nombre de volontaires "FSM" - des membres du personnel de l'extérieur.

Vers la fin des années 60, l'idée fixe d'Hubbard quant à une conspiration psychiatrique pour gouverner le monde amplifia. Il s'attaqua à la psychiatrie via le GO. C'est à cette période qu'eut lieu la tentative avortée de David Gaiman, adjoint du Gardien Chef, de contrôler entièrement "l'association anglaise pour la santé mentale". Hubbard rejeta par la suite la conspiration  sur la Banque d'Angleterre, puis sur les Communistes et les Fascistes, selon lui responsables de cette conspiration. Parmi les objectifs secrets, on trouvait: "contacter et se faire des amis de tous groupes minoritaires, jusqu'à ce que le nôtre devienne le groupe le plus important de la planète. En... se faisant des amis même des pires ennemis de l'Occident, nous empêcherons le fascisme de prendre le contrôle à l'Ouest.. Peu avant, il avait défini les "cibles vitales" de la scientologie :

Cible 1 (T 1): dépopulariser l'ennemi au point de l'effacement complet

Cible 2: Prendre le contrôle ou obtenir allégeance des directeurs ou propriétaires de tous les médias.

Cible 3: Prendre le contrôle ou obtenir allégeance de toutes les figures politiques clé.

Cible 4 : Prendre le contrôle et obtenir allégeance de ceux qui tiennent les finances internationales.

En ce qui concerne les autres groupes minoritaires, la scientologie s'est alliée à d'autres groupes totalitaires (sectes) comme l'Eglise de l'Unification (Moonisme), les Enfants de Dieu (Famille d'Amour). Les scientologues nient avoir participé à l'enregistrement de FIREPHIM à Strasbourg en Décembre 1992; il s'agirait d'un pacte entre Moonistes, Enfants de Dieu, Témoins de Jéhovah, Raéliens et Bahaïs.

(47)En 1973, Hubbard lança son opération la plus forte: Snow White - Blanc comme Neige. Selon la directive de mission, il fallait expurger les matériaux négatifs sur la scientologie dans tous les dossiers gouvernementaux et les remplacer par des matériaux positifs. Robert Vaughn Young, qui dirigeait les aspects propagandistes de Snow White, a récemment raconté l'affaire au journal "Der Spiegel". L'opération était censée trouver les sources des attaques globales contre Hubbard et ses enseignements "humanitaires". Pour y parvenir, on créa un énorme agence de renseignements; on donna "la plus forte priorité" à Snow White parmi les activités du GO.

Le Gardien atteignit son point ultime en Juillet 1977, lorsque le FBI lança sa plus grande opération jamais effectuée aux US, contre les bureaux du gardien. Onze officiels scientologues - dont la propre femme d'Hubbard - furent poursuivis et condamnés à des peines de prison ferme suite à ce raid.

Le mémorandum de la sentence du procès 'USA contre Mary Sue Hubbard et al'. est assez clair quand aux crimes commis par les agents d'Hubbard:
"Les Etats-Unis ont entamé une enquête ayant abouti à la poursuite judiciaire  immédiate en raison des cambriolages culottés, persistants et systématiques durant une période de deux ans des bureaux gouvernementaux de Washington et Los Angeles. De plus, les Etats-Unis ont dû faire face à la conduite irresponsable et fuyante des personnes impliquées :

- cherchant à pervertir un grand jury fédéral lors de l' investigation en cachant un fugitif

- en kidnappant par la violence un témoin ayant décidé de se rendre aux autorités

- en soumettant de fausses preuves au Grand Jury

- en détruisant d'autres preuves qui auraient pu aider l'enquête

- en préparant une histoire bidon pour couvrir les faits

- en encourageant et en entraînant un témoin crucial à donner un faux témoignage sous serment devant ce Grand Jury.

Une révision des documents et recherches démontre l'incroyable et submergeante nature de la conduite criminelle des défendant et de l'organisation qui les mène.

Ces crimes incluent :

- infiltration

- vol de documents dans un grand nombre d'organisations privées ou officielles nationales ou internationales, chez des cabinets d'avocats et dans des journaux

- l'exécution de campagnes de calomnie et de poursuites judiciaires sans raison valable afin de détruire des individus ayant tenté d'exercer leur droit découlant du Premier Amendement  [liberté de religion, opinion etc., ndt]

- le fait de s'être fait passer pour des citoyens critiques de la scientologie, ce qui conduisit à poursuivre au moins une personne innocente

- la violation de droits civils de personnages privés connus et d'officiels.

Il ne s'agit là que de quelques uns des actes criminels non traités dans la "stipulation de preuves" 'incontestée'... l'affirmation faite par le défendant Heldt selon laquelle 'les règlements de l'église interdisent que ses membres et son personnel commettent des actes illégaux est tout à fait dénuée de fondement et inexacte. Dans ce procès, les preuves établissent au delà de toute possibilité de doute que l'église et ses chefs ont au long des années approuvé, encouragé, et se sont impliqués dans des illégalités importantes et énormes. On peut en fait se demander comment les défendants ont pu oser suggérer que leur organisation ne commettait pas d'illégalités, alors qu'il s'agissait de leur travail quotidien..."

Un procès similaire se déroula au Canada en 1992, impliquant à la fois l'église et des scientologues. Ceux-ci avaient infiltré le Ministère de l'Attorney Général et la Police Montée Royale Canadienne dans les années 70. Le Juge James Southey se plaignit que, plutôt qu'accepter la responsabilité de ses exactions, la scientologie continuât à faire porter le chapeau à ceux à qui les patrons de l'église avaient ordonné d'espionner pour son compte. Le juge se déclara satisfait de savoir que "L'office du Gardien soit en fait sous le contrôle du fondateur Hubbard".

Les scientologues se sont particulièrement acharnés à faire croire qu'il existait un fossé entre Hubbard et les travaux de l'Office du Gardien. Pourtant, dix ans avant le raid mené par le FBI, Hubbard enregistrait une conférence toujours vendue dans les organisations scientologues. S'étant plaint d'une vaste conspiration à son encontre, Hubbard disait "En raison de toutes les actions entreprises à notre encontre au cours des 17 années écoulées,... il était vital que je découvre qui, sur cette planète, nous attaquait. ... l'organisation, sous la direction de Mary Sue (Hubbard) .. a utilisé nombre de professionnels des services secrets dotés d'une solide expérience, lesquels ont enquêté cette affaire ; les résultats de leur activité, quoique encore inachevés, nous ont dit tout ce qu'il y avait à savoir quant à tout ennemi que nous avons ici. Nos ennemis sur cette planète ne sont qu'une douzaine de gens. Ils sont membres de la Banque d'Angleterre et d’autres circuits financiers importants. Ils possèdent et contrôlent des chaînes de journaux, et, bizarrement, sont directeurs de tous les groupes s'occupant de santé mentale dans le monde. ... Wilson, Premier Ministre Britannique, est tout à fait impliqué dans leur groupe. ... Ils ont obtenu des dossiers assez intéressants sur notre compte... et leurs ordres à notre propos sont ce qui a le plus d'intérêt dans ces dossiers. Nous avons évidemment des copies de tous leurs dossiers. Pas de chance pour eux, ils avaient affaire à quelqu'un ayant reçu de l'entraînement dans le domaine des services secrets de la part des alliés - moi-même - et n'avaient pas assez élaboré leur sécurité et la loyauté de leurs employés pour se préserver des agents secrets que nous leur avons envoyés. ".

En résumé, dix ans avant le raid, Hubbard admettait ouvertement l'existence "d'agents de services secrets professionnels" - non pas de simples privés, mais des pros du renseignement. déjà utilisés pour voler des fichiers. Il énonce clairement par ailleurs la cible majeure de la sciento: la psychiatrie. Dans un mémo secret de 1969, Hubbard disait : "Notre guerre s'est transformée en une obligation primordiale de gagner tout le champ d'application de la santé mentale sur cette planète, sous toutes ses formes." Exécutant ses ordres, le GO infiltra les associations et hôpitaux psychiatriques, et tenta de s'attribuer le contrôle de l'association Britannique de la Santé Mentale. Une guerre sans merci et tous azimuts est lancée contre les psychiatres.
Durant la seconde guerre mondiale, Hubbard avait passé une semaine en entraînement comme "officier de renseignement". Mais ne trouvant pas cela assez remuant, il créa une sorte de mystique autour de la notion. L'Office du Gardien devint la plus grande agence de renseignement personnelle de toute l'histoire de l'humanité. En fait, peu de pays peuvent se vanter de posséder une agence de renseignement aussi vaste et aussi efficace. Hubbard commença à entraîner ses 'espions' comme un gamin jouant avec ses nouveaux joujoux. Le document secret dans lequel Hubbard énonce ses buts de conquête de la "santé mentale" avait trait aux explications sur les fonctions de renseignement du GO.

La section du GO qui lançait les attaques contre les critiques fut d'abord connue sous le nom de "Intelligence Bureau, ou B.I". Plus tard, on lui attribua, sous les mêmes initiales, le nom plus bénin de "Bureau Information". Il est composé de deux départements. La Branche 2 (B2) a trait aux "informations visibles", c'est à dire qu'elle s'occupe des informations dans la presse, les dossiers de crédit, etc. La Branche 1 ou B1, se mêle de recueillir les "dossiers secrets ou cachés"  et des opérations secrètes. Les débuts brutaux du mémo hubbardien démontrent d'emblée une technique fondamentale d'espionnage: "Un Officier de Cas - Case Officer - fait tourner des agents habituellement inconnus du chef de l'officier de cas. ... L'officier de cas est également connu sous le nom "d'opérateur" ou officier de renseignement. C'est à lui de trouver des agents et de se mettre d'accord avec eux. C'est lui qui les connaît et les paie. On dit à l'agent ce qu'on désire obtenir, on  le lui fait obtenir, ou on trouve comment l'obtenir, à moins que la chose n'existe pas [sic]. il est payé en fonction de ce qu'il obtient comme documents ou comme données. L'officier de cas peut faire tourner plusieurs agents. .. Lorsqu'on se sert de tels documents et données, il existe un risque de faire découvrir leur source, ou de dévoiler l'agent: par conséquent, on falsifie habituellement la source. C'est l'essentiel de la collecte cachée de données.

La collecte cachée de données  signifie en fait : pénétration de comptes bancaires, de fichiers d'ordinateurs, de fichiers de téléphone, de fichiers officiels, le vol de dossiers médicaux ou psychiatriques ou de notes psychothérapeutiques.  Cela signifie aussi la fouille des poubelles des critiques, la lecture de leur courrier. En 1993, Lawrence Wollersheim a réussi à subtiliser une enveloppe à un enquêteur privé: le contenu démontrait clairement qu'on avait lu son courrier. Il existe nombre de rapports indiquant des fouilles de poubelles dans les années 90. Mieux vaut brûler ou détruire les copies de factures et les papiers personnels, et expédier les communications sensibles via courrier codé.

Le travail des hackers démontre qu'il n'existe pratiquement aucune donnée qui soit à l'abri dans un ordinateur, si elle est vraiment privée. Les scientologues ont démontré qu'ils étaient capables de prouesses techniques dans leurs tentatives pour faire clore le forum Internet "alt.religion.scientology". D'anciens scientologues, des preuves documentées et des témoignages démontrent au-delà de tout doute qu'Hubbard et sa femme ordonnaient d'utiliser les dossiers d'audition scientologues supposés confidentiels. Pendant les séances d'audition, l'auditeur scientologue garde une trace écrite de tout ce que dit le patient. Tout scandale est rapporté à la section éthique, qui le ferait suivre à la section renseignements. Actuellement, les employés futurs de la secte doivent remplir une liste de 110 questions sensibles intitulées  "Mon passé"... ce questionnaire n'est pas gardé confidentiel ensuite par la direction. On y trouve par exemple: "Faites une liste chronologique avec les noms et dates  de toutes les personnes avec qui vous avez eu des relations sexuelles, et comment. Dites le nombre de fois où vous vous êtes engagé dans tel type d'activité, ainsi que les perversions impliquées." Soyez aussi complet que vous pourrez. Il est dès lors compréhensible que bien peu d'anciens membres osent parler.

La collecte cachée se pratique en plaçant des espions auprès d'un opposant. Je ne sais combien ont essayé contre moi. En 1993, l'ancien chef des enquêtes d'Angleterre m'a dit qu'il avait quatre agents sur mon dos, plus un autre en cours d'entraînement. C'est en général quelqu'un qui m'approche avec une histoire émouvante, prétendant être quelque ancien scientologue déçu. J'ai probablement passé des milliers d'heures à tenter d'aider ce type de gens, alors qu'ils allaient faire leur rapport à la secte. Pour l'espionnage, ils préfèrent le téléphone, car c'est plus facile d'enregistrer une conversation sans que la personne s'en rende compte. Quand ils ne parviennent pas à s'approcher d'une cible, ils s'approchent d'un ami de la personne, et recueillent toute info disponible. Grâce à cette toile de contacts et les coups de fil enregistrés, les comptes en banque et dossiers d'ordinateur, il devient facile de se faire une image de la vie de la personne ciblée afin d'en exploiter les faiblesses.

Un des aspects essentiels de la collecte cachée de données s'appelle la "technologie du roll back" : on note les connections entre les individus. La scientologie fait ses délices en publiant des histoires de conspiration à distance, mais cette information poursuit d'autres buts: créer des dissensions parmi des amis ou collègues. Des campagnes de rumeur ("troisième partie" et "Propagande Noire") sont parmi les techniques fondamentales. Une des plus employées consiste à répandre le bruit que la personne profite des enfants. En 94, un scientologue a confidentiellement dit à un pasteur que j'étais un violeur et que j'avais des tentatives d'assassinat à mon actif. L'auteur Russell Miller a fait l'objet de deux enquêtes suite à de  fausses accusations de meurtre dans les années 80.



Que les données aient été obtenues ouvertement ou invisiblement, elles sont classées chronologiquement dans le dossier de l'individu ciblé. Les copies de documents qui pourraient compromettre la secte sont conservées hors des bureaux de la sciento. La chronologie de la personne reste brève, et le dossier ne contient que des dossiers publiquement accessibles, afin qu'en cas de raid policier, on ne trouve rien de significatif.

Dans un mémo secret de 1969, Hubbard décrivit les autres fonctions du B1. "Une opération cachée peut être mise au point par un officier de cas, en se servant d'agents habituellement utilisés ailleurs, afin que rien ne soit dévoilé sur la collecte impliquée. Une opération cachée sert surtout à embarrasser, discréditer ou submerger ou effacer un opposant réel ou potentiel. C'est une petite guerre qu'on pratique sans dévoiler la source. .. Elle suit toutes les règles de la guerre, mais se sert de l'effet de surprise créant un choc psychologique, etc., afin de parvenir au but.  Pour mener une telle opération, on a besoin de canaux, de contacts, de campagnes planifiées dotées d'objectifs définis... les opérations cachées sont ratées si on découvre qui est derrière. Il faut donc une opération visible pour cacher l'opération invisible et la faire réussir. On voit ça dans les actions de guérilla. Elles démarrent par de la propagande, se renforcent au moyen de politiciens en place ou implantés dans le gouvernement... puis elles passent au terrorisme, aux bombes, etc.,  ensuite à la guérilla ouverte, pour s'achever en guerre formelle.

La forme la plus courante des opérations cachées de la scientologie est le tuyau anonyme. Du fait qu'ils sont anonymes, il est difficile de prouver qu'ils viennent de la scientologie, mais les agents des impôts ont confirmé recevoir ce genre de rapports sur mon compte en provenance d'un scientologue. Un autre a fait un rapport sur mon compte à la police, prétendant que j'étais un kidnappeur. D'autres ont fait des rapports à l'agence de protection des données. J'ai aussi subi divers rapports anonymes expédiés à diverses agences et autorités gouvernementales.

En général, les espions scientologues sont entraînés au moyen de la "Routine d'entraînement au Mensonge - en abrégé: TR Lie", afin de pratiquer la "Loi de Fair Game - Loi du Gibier de Potence" d' Hubbard. Ce document nommé "TR Lie" a été lu en justice par Justice Latey, lors d'une affaire de garde d'enfants  à Londres en 1984. Il a également été vu lors du procès du GO aux USA.

Steven Fishman, qui dit avoir été agent scientologue avant d'être incriminé dans une escroquerie aux actions, dit avoir introduit une pratique consistant à 'frapper chez les psys": cela consiste à aller dans une bibliothèque, à prendre les bulletins publicitaires dans les magazines, puis à tous les envoyer avec le nom et l'adresse d'un psy, qui recevra ensuite des tonnes d'offres commerciales inutiles.

Des opérations cachées plus graves se sont produites: une scientologue s'est faite passer pour  la journaliste Paulette Cooper , supposée par ce biais  envoyer des menaces de bombes; on a placé du LSD chez des opposants à la scientologie; des menaces de mort, et on a aussi préparé un faux accident avec délit de fuite pour discréditer le maire de Clearwater où se trouve le QG technique de la secte. L'ex-agent Garry Scarff a témoigné sous serment qu'on lui avait ordonné de tuer deux opposants à la scientologie. Steven Fishman dit avoir fait sauter la voiture d'un opposant.

Le cours d'entraînement du GO se compose d'environ 800 pages et contient des scetions sur le cambriolage, les écoutes téléphoniques, l'effraction. Contrairement à ce qui a été dit, une bonne partie des matériaux est de la main même d'Hubbard. Sur la liste des nombreux ouvrages que doivent lire les futurs agents, on trouve entre autres 'L'Art de la Guerre" de Sun-Tsu, - dont un des chefs du bureau des investigations m'a dit que c'était l'ouvrage essentiel -  et des livres sur le maître espion nazi Reinhard Gehlen.

L'actuel patron sciento Miscavige a affirmé avoir fermé le GO en 1983. Soi-disant, 800 des 1100 staffs auraient été mis dehors.-, mais un nombre surprenant des gens ayant subi l'entraînement B1 continue à travailler pour la secte après cette fermeture prétendue. On trouve par exemple Brian Andrus, co-conspirateur non poursuivi lors du procès des onze staffs du GO, kidnappeur et accusé d'emprisonnement illégal dans des documents de tribunaux: il a été mis à la tête d'une organisation gouvernant la  scientologie, le RTC ou Centre de Technologie religieuse, après avoir quitté le GO. Pas moins de six ex-agents de l'ex B1 ont continué d'être employés par l'église, l'un d'eux devenant même le patron pour l'Angleterre dans les années 90. L'ancien chef du B1 Europe a été nommé chef de la campagne "Chemin du Bonheur" de la scientologie. Trois de ceux emprisonnés aux USA lors du procès du GO sont actuellement "Patrons", ce qui constitue une dignité élevée - de l'association Internationale des Scientologues.

Certaines des fonctions du B1 du GO ont été reprises par le nouveau département d'Investigation ("Invest") du "Bureau des Affaires Spéciales", d'autres fonctions données à des enquêteurs privés travaillant sous la direction d'avocats scientologues. Seules les cellules de GO de Washington et de Toronto ont été traduites en justice. Les dossiers de justice et témoignages d'anciens agents démontrent que les cellules étaient toujours actives à Londres, Boston, Clearwater et Las Vegas. Un ancien opérationnel du B1 a dit que toutes les orgs sciento du monde entier avaient une cellule B1. Si c'est exact, il reste des dizaines de réseaux d'espionnage in détectés dans le monde. Dans les années 90, des informations ont dévoilé qu'il était probable que les "écrits" d'Hubbard sur la subversion et l'infiltration  soient encore suivis. Au Danemark, des espions scientologues ont été poursuivis pour vol de documents. En Finlande, le président a remercié son garde du corps scientologue. En Allemagne, les politiciens ont interdit aux scientologues de s'inscrire à leur parti. En France, un journaliste a affirmé qu'au moins un assistant du président avait travaillé main dans la main avec la scientologie pour tenter de faire cesser une Instruction Judiciaire. En Albanie, des scientologues ont été mis dehors en 1993, après ce qui semblait être une tentative de coup d'état.

Hubbard écrivit dans le manuel de Justice ayant circulé au sein de la secte depuis 59: "Les investigations visibles au sujet de gens ou groupes nous attaquant devraient souvent se faire, au moyen d'agences extérieures, et valent leur prix: c'est très efficace; les détectives coûtent quelques dollars ou livres, mais ils en économisent des milliers. " Depuis 83, leur utilisation a énormément augmenté en scientologie. La secte utilise plusieurs entreprises de privés. Le plus connu est Eugène Ingram, ancien policier de Los Angeles, recherché en Oklahoma pour absence port d'arme illicite, en Floride pour s'être fait passer pour un policier en exercice. Ingram est employé par le cabinet d'avocat scientologue Bowles et Moxon.  Il pratique l'investigation "bruyante" depuis une quinzaine d'années. Ingram m'a suivi aux USA, ainsi que d'autres privés employés par la secte. Ingram est venu en Angleterre faire des enquêtes spéciales en 94. Il a appelé plusieurs membres de ma famille, sans s'annoncer, pour faire son "investigation bruyante". Il a accusé ma mère, 77 ans, de faire pousser de la marijuana et lui a dit que je serais bientôt sous les verrous. Il a menacé l'un de mes frères en disant que non seulement la scientologie me ferait boucler, mais qu'elle en ferait autant pour tous ceux qui m'aident. Il a affirmé que la sciento dépenserait ce qu'il faudrait pour me faire taire. Il a nié avoir des contacts avec la scientologie, prétendant être de religion chrétienne. On dit aussi qu'Ingram s'est vanté que les gains qu'il tire de la scientologie sont tels qu'il aurait acheté un quartier résidentiel dans la région de Mexico.

Lorsque Ingram a quitté l'Angleterre, certaines des histoires étranges qu'il avait racontées sont parues dans des tracts anonymes. J'en ai subi une quinzaine: je ne me casse plus la tête à répondre en détail à toutes les présomptions de ces démolitions systématiques de ma personne. Comme le disait Hubbard: "Quiconque proposant d'enquêter doit recevoir ce type de réponse. ..."Nous sommes parfaitement d'accord sur une enquête au sujet des gens qui nous attaquent et avons d'ailleurs commencé et découvert quelques preuves choquantes..." Ce simple truc peut en effet s'avérer très efficace pour dévier les critiques de la scientologie plutôt qu'y répondre. Je poursuis actuellement en justice la secte et plusieurs de ses membres pour diffamation.

Les organes de presses les plus connus de la secte sont "Ethique et Liberté" (Freedom en anglais) et "Nouvelles des membres", ce dernier serait le journal du "CAN" réformé - en fait, le CAN, sorte d'ADFI anti-sectes américaines, a été racheté par la scientologie suite à un mauvais procès monté par la secte... Ces magazines espèrent implanter dans le public des suggestions opposées aux critiques. Les phrases utilisées font l'objet d'études d'impact, et les QG sciento émettent des listes de phrases à utiliser lors des entretiens et articles. La scientologie a programmé les phrases destinées à décrire Hubbard, ses enseignements ... et ses critiques.  On accuse ces derniers de faire "des propagandes à la Goebbels"; leurs articles sont qualifiés de "campagne de haine". Deux pasteurs anglicans furent très surpris de se voir étiqueter de 'nazis' dans la presse. Ces systèmes de propagande simplistes peuvent s'avérer très efficaces. Les scientologues affirment être "persécutés" comme les juifs lors de l'Holocauste. Ils considèrent bien entendu le débat public comme une "persécution" à leur encontre et ne comprennent manifestement pas la nature du véritable Holocauste.  Un professeur d'Histoire Allemande et d'études Judaïques écrivait dans le New York Times "C'est une insulte à la mémoire des victimes de l'Holocauste qu'être utilisés ainsi par les propagandistes de la scientologie: la persécution nazie signifiait la mort et la torture des victimes.".

Hubbard enquêtait et faisait publier aussi largement que possible des contes à dormir debout, exagérés, inexacts ou inventés sur les critiques, et pouvait même faire appel à la justice pour attaquer. Il tentait parfois même de lancer des poursuites criminelles. Lors d'un procès récent en Angleterre, les juges ont décidé que la scientologie était "coupable d'abus de procédure" lors d'une tentative de ce type. J'ai été poursuivi et la police a effectué une raid chez moi pour des violations de copyright - sans raison. Le raid avait été déclenché par le chef de la sciento du Royaume-Uni, Sheila Chaleff. On n'a pas retenu de  charges contre moi.  Plus récemment, la scientologie n'a pas réussi à empêcher la distribution générale de ses niveaux secrets "OT" ou "Thétan Opérant" sur Internet. Les descentes de polices chez les critiques des USA les ont toutefois énormément gênés.

En 90, ils n'ont pas réussi à empêcher aux USA la publication de mon ouvrage  "A piece of Blue Sky". Elle n'a pas porté plainte pour inexactitudes de l'ouvrage - aucune plainte de ce type n'a d'ailleurs été faite - mais elle voulait empêcher l'usage des citations d'Hubbard.

En 93, lorsque j'ai découvert qu'on faisait circuler des lettres confidentielles sur ma vie, lettres qui m'avaient été demandées par le GO quand j'étais scientologue, j'ai fait appel à la justice pour violation de vie privée (Breach of Confidence, littéralement 'Abus de confiance'). Ce fut le point de départ d'une série de désastres. Mes avocats ne m'avaient pas dit que je pouvais obtenir une aide juridique de l'état. Avant même d'avoir vu les documents, un avoué approuva une affirmation selon laquelle j'avais des centaines de lettres de clients qui pourraient avoir trait aux dommages subis. Puis il les vit et décida qu'une quarantaine seulement pourraient faire l'affaire. La scientologie réussit à obtenir une décision prétendant que je cachais des preuves. Le procès fut abandonné sans aller au procès et la scientologie commença à prétendre que j'avais menti lors d'une déposition, puisque je n'avais pas donné tous les documents concernés. Cela leur permit d'émettre un magazine Freedom où ils me qualifiaient de "menteur chronique". J'écopais des 16000 livres de procès à payer, puisqu'on ne m'avait pas prévenu du fait que je pouvais bénéficier d'assistance juridique.

Entre-temps, des procès m'étaient intentés par la patronne d'une école scientologique et par Narconon. Dans les deux cas, j'étais poursuivi en diffamation, chef d'accusation pour lequel l'état ne prend pas les frais juridiques en charge.  J'empruntais une forte somme en espérant que le système juridique anglais me donnerait raison. La directrice d'école sciento m'accusa de l'avoir diffamée dans un paragraphe de mon ouvrage "A piece of Blue Sky". Elle affirma que je n'avais pas produit les notes d'entretien. Il n'y en avait pas. Le moyen le plus simple aurait consisté à dire qu'elles avaient été détruites. Mais j'ai dit la vérité. Le juge estima que j'avais manqué à produire ces notes et ma défense fut coincée. Il n'y eut pas de procès, aucune preuve ne fut considérée, mais le jugement fut effectué en faveur de la scientologie. Je fus donc mis en faillite, c'est à dire que tous mes biens furent saisis, et que je serai donc probablement sous la coupe de l'administrateur de Faillite nommé par la scientologie durant trois ans. Comme le dit Hubbard, "la loi peut facilement servir à harasser". Lord Wolf a dit qu'en Angleterre, c'est en fait le plus riche qui gagnait.

La Scientologie fait confiance aux attaques concertées. Les stratégies comprennent en général au moins trois attaques rapprochées, ce qui cause un maximum d'anxiété. J'en suis arrivé au point d'avoir du mal à faire face aux tracts de scandales, aux actions légales submergeantes et aux manifestations de scientologues agitant des banderoles  face à mon domicile,. Et pour couronner le tout,  c'est alors que j'ai subi la descente de police et une enquête des impôts.

Peu avant ma faillite en mai, j'ai fait l'objet de deux procès supplémentaires afin de m'empêcher de dévoiler des documents scientologiques. Ces procès sont en cours, de même que mon contre procès pour procès abusif. Aux USA, les membres de la scientologie et de Sterling Management (boite  scientologue dans le domaine médical) ont intenté 54 procès contre le CAN (ADFI américaine). 53 d'entre eux ont été abandonnés, mais il est vraiment difficile de faire face en pareil cas. Dieu merci, la plupart des procès européens contre la secte se sont retournés contre elle cette année, les plus significatifs ayant été décidés ces derniers mois aux USA. Au Canada, la Cour Suprême a maintenu et réaffirmé les précédentes décisions dans le procès en diffamation Casey Hills contre Scientologie. Le Tribunal a jugé "que tous les aspects du procès démontraient les intentions maléfiques réelles et persistantes de la scientologie... le comportement scientologue tout au long [du procès] ne peut qu'être qualifié de prétentieusement brutal, suprêmement arrogant et contumace. Il apparaît qu'il existe des efforts conscients continus de la part de la scientologie pour intensifier et perpétrer son attaque contre Casey Hill sans tenir le moindre compte d'une quelconque justesse des allégations." La scientologie a été forcée de payer 3 millions de dollars début septembre 97.

Hubbard a fait croire à ses adeptes que ses enseignements étaient au coeur d'une conspiration aux vastes proportions. La conspiration serait l'oeuvre d'extra-terrestres, selon les enseignements secrets.

Les scientologues seraient des "soldats de lumière" réincarnés depuis le dernier quadrillion d'années pour combattre la menace des "prêtres et des psys", qui seraient les "Personnes Suppressives" contrôlant le monde. Les scientologues s'infiltrent eux-mêmes dans les postes de pouvoir, indiquent ce qu'ils y observent et utilisent cette influence pour le bien-être de la secte. La scientologie est toujours engagée dans la conspiration entreprise par Hubbard contre le domaine de la "Santé Mentale", qui serait le centre de cette "conspiration ennemie". Dans les années 50, Hubbard écrivit des rapports à la branche du FBI s'occupant d'activités communistes. Dans les années 60, il était question d'une conspiration fasciste

Un exemple d'utilisation de scientologues non membres du personnel  pour certaines opérations apparut lors de la création par la GO des "Minutemen" à Los Angeles. Les "Minutemen" servaient à harasser d'anciens membres qui voulaient pratiquer la scientologie sans avoir de licence hubbardienne officielle. Les réunions qu'ils faisaient étaient perturbées, les participants insultés. Un ex-membre retrouva sa fenêtre pleine d'oeufs écrasés et son entrée couverte de cafards.

Dans les années 80, les scientologues reçurent un document à remplir pour une enquête "Lignes Puissantes de Communication". On leur demandait de citer tous ceux de leur entourage susceptibles d'avoir une influence. Ces contacts comprenaient les "leaders d'opinion" dans les domaines légaux, financiers, du show-biz et de la  politique. Le questionnaire actuel sur le passé des scientologues comprend aussi ce genre de questions, y compris des demandes au sujet d'agences gouvernementales et secrets nationaux. La scientologie possède aussi un puissant réseau informatique nommé INCOMM, tout à fait apte à faire des comparaisons de données et des analyses.

En résumé, d'après ses "écrits religieux", tous les critiques scientologues sont obligatoirement criminels, sont assujettis à la Loi du Gibier de Potence, et n'ont plus de droits humains. Au long des ans, la stratégie de service secrets d'Hubbard s'est servi d'officiers de renseignements et d'enquêteurs privés pour :

1. Collecte d'information visible - matériel disponible au public.

2. Collecte cachée de données, par vol de matériaux et usage d'espions.

3. Investigations bruyantes

Ce qui précède sert ensuite à créer un "passé" à l'ennemi afin d'estimer quels sont ses points faibles.

4. Publication véhémente de scandales réels ou imaginaires, et manifestations de rue.

5. Opérations cachées, tuyaux anonymes et campagnes de diffamation

6. Procès.

Fort peu d'hommes résistent à ces assauts. Ma propre existence a énormément pâti de la scientologie. Je suis en faillite. Ma femme et moi-même nous sommes séparés au bout de 19 ans de vie commune. J'ai dû quitter mon domicile et perdu contact avec mes deux jeunes enfants. Ma santé en a pris un coup. Il y a quelques mois, j'ai répondu avec méfiance à la dernière tentative d'arrangement de la scientologie, qui désirait pour la première fois mon silence en échange d'une cessation des hostilités et d'une compensation monétaire. En échange, ils proposaient de me laisser tranquille si je leur faisais cadeau des droits sur mon ouvrage, sur ma collection unique de documents sur la secte, et de mon silence définitif.

La guerre continue par conséquent. Nous ne manquons pas d'atouts dans nos jeux. Quiconque s'inquiète qu'une organisation de ce genre puisse agir de cette façon peut s'en plaindre aux autorités et informer les autres de la vraie nature de la scientologie. Ce n'est qu'après une campagne sur les fondements mêmes que l'on mettra un terme aux injustices de la scientologie. Je prie instamment quiconque se sentirait concerné de rejoindre le débat sur Internet, où la scientologie est l'un des groupements les plus actifs, en raison du dédain qu'elle affiche pour la liberté de parole. Grâce à la bataille engagée sur Internet au sein du forum alt.religion.scientology (anglais) cette organisation perfide est constamment dévoilée. On peut espérer que ses membres se libéreront des incantations noires qu'ils y ont subi. On peut espérer que les tactiques immorales et malhonnêtes de la scientologie seront exposées pour ce qu'elles sont, c'est à dire un refus de la liberté de parole [et de pensée, ndt], la destruction des critiques, et en fin de compte, une tentative folle de coup d'état sur la planète. Et j'espère bien aussi que grâce à l'aide et à l'encouragement des honnêtes gens, ma propre bataille parviendra à conclusion heureuse.

MERCI.

 

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